Texte de présentation du projet

Inhérent à la notion de chantier se trouve le principe de transformation: la transformation d'un espace ou d'un état qui tend vers un autre. L'étymologie et l'histoire du mot « chantier » révèlent ce moment qui vient, cette mutation en préparation: « 1. “Support” a) ca 1202 estre sor les gantiers fig. “être presque au moment où le corps du mort sera sur les tréteaux pour être exposé, être tout près de mourir”»1

Sous cet angle, en ayant pour sujet le chantier de construction de la traverse de Lévis, j'ai identifié trois éléments majeurs qui seront détruits dans le cadre de la revitalisation de la traverse: la passerelle qui relie la gare au traversier, plus de 50 % des arbres du secteur de la traverse et le garage Anctil rue Saint-Laurent. Mon projet consiste à déployer des gestes et des actions parfois menus et parfois flamboyants à l'endroit de ces lieux en sursis dans un esprit de reconnaissance, de solidarité et d'interrogation.

Arrimée à ces gestes, la question identitaire de cette portion de la rive en bouleversement se pose : comment vivent les résiden.t.e.s des alentours de la traverse avec la perturbation qui modifie présentement la porte d'entrée et la vision de Québec sur Lévis et de Lévis sur elle-même? En tant que témoins privilégi.é.e.s des changements radicaux d'un tel projet, je leur ai demandé de me donner des questions adressées au chantier, comme si ce dernier était une personne. Adresses poétiques ou adresses pragmatiques, le principe dialogique que sous-tend la forme interrogative est à la fois une affirmation des enjeux sur lesquels les citoy.en.ne.s veulent discuter et une ouverture à la construction identitaire collective. « Quand est-ce que tu finiras ?», «Qu'est-ce que tu vas faire avec le petit terrain là ?», « Quand est-ce que les arbres vont mourir ?», «Est-ce que la place que tu es en train de créer ne sera réservée qu'aux touristes ?», voilà quelques questions posées au chantier, le personnage de l'histoire qui se construit dans les yeux, les corps et les esprits, en direct, juste de l'autre côté de la rue.

1-Réf.: Centre nationale de ressources textuelles et lexicales, www.cnrtl.fr/lexicographie/chantier [consulté le 22 juillet 2014]

Remerciement : Je tiens à remercier chaleureusement les résiden.t.e.s de Lévis pour leurs généreux dons de questions, Raphaël Boilard, Samuel Dinel ainsi qu'Anne-Claire Tassel pour leur audacieuse participation au projet de poésie-action, le service de la Direction de l'environnement de la municipalité de Lévis pour leur collaboration, Anne-Catherine Poirier pour sa grande disponibilité et son enthousiasme, Amélie Laurence Fortin pour sa confiance, Engramme pour leur support technique, Anne-Lise Griffon pour son initiative, Anne Ramsden pour ses conseils, Valérie Provost pour son fidèle support, Félix Chartré Lefevbre pour son aide attentionnée et toute l'équipe de Regart pour leur accueil.
Arkadi Lavoie Lachapelle
accueil
http://www.centreregart.org/?page_id=8
Chantiers, exposition collective regroupant le travail de Jacynthe Carrier, du Collectif Acapulco, Arkadi Lavoie Lachapelle, Laurent Lévesque et le duo Jocelyn Robert et Louis Ouellet.

Du 28 août au 5 octobre 2014
Vernissage le 28 août
performance : Quand prendras-tu fin : le chantier en questions, 19h
to carry
PEARSCHE
La question c'est souvent de se sentir au bon endroit, au bon temps, pis syntoniser
-«salut, t'es où? Qu'est-ce tu fais?» (clefs du perf)
Certaines suites concernant le monument du capitaine Bernier... 2016, inauguration de la statue du capitaine...